Espace Web de Loïc Mathaud notes et implications

Première vague de déplacements vélo-école

Note publiée le

Mon fils a fait sa première rentrée scolaire cette année en septembre et avec ma femme on s'est assez vite entendu sur le fait que je m'occuperais des déposes du matin et elle (ou autre membre de la famille) d'aller le chercher à 16h30.

Cet été, comme depuis plus d'un an j'essaie de faire la maximum de trajets sur ma commune à vélo -notamment pour aller à l'espace de travail partagé O'Village- j'ai commencé à avoir l'idée d'utiliser le vélo pour déposer mon fils. Le calcul rapide de l'itinéraire me donnait à peine 6 km avec un peu de dénivelé mais rien de méchant, j'ai rapidement évacué la problématique de la "capacité physique". Bien au contraire j'y ai vu l'opportunité de faire un peu de sport tous les matins assez facilement dans l'emploi du temps.

Mais l'autre problématique à gérer a été l'acceptation de Madame. Le trajet emprunte en effet une départementale qui était dangereuse il y a plusieurs années de cela. La route ayant été refaite, les abords élargis, les comportements ayant évolués, j'ai fait le test d'abord tout seul. J'ai pu confirmer la dangerosité relative du parcours et ainsi la rassurer : on pouvait le faire, vraiment !

J'ai aussi fait un essai de suivre un itinéraire alternatif qui est dans le plan vélo de l'association Ocivélo mais cet itinéraire n'est pas encore possible car il y a 300 mètres de coupure du tracé infranchissables aujourd'hui. Ce sera donc la route, ou rien !

Ma nouvelle activité de lobbying s'avérant fructueuse, j'ai réfléchi à la façon de transporter mon fils. J'avais déjà un siège vélo qui nous sert à faire quelques balades mais j'aime de moins en moins m'en servir car le déséquilibre du centre de gravité du vélo vers l'arrière qu'il provoque est désagréable. Et puis nous allons devoir transporter également sa cantine pour le repas de midi ainsi que mes affaires (un sac laptop + un sac avec une tenue de rechange pour quand j'arrive à O'Village). J'ai bien des sacoches que j'utilise pour faire les courses mais je ne peux les accrocher au porte-bagage quand il y a le siège enfant.

Cela fait longtemps que je lorgne sur les biporteurs mais les tarifs sont assez élevés. Et puis allais-je vraiment y aller tous les matins ? Investir une certaine somme sans être certain de l'usage m'embêtait. C'est alors que je me suis tourné vers les remorques. Budget plus adapté, protection parfaite de l'enfant même en cas de mauvais temps. J'ai donc acheté une Thule Cab 2 sur le site yggor.fr après plusieurs appels téléphoniques auprès du responsable de ce revendeur de la marque. Ses conseils ont été précieux pour ne pas faire le mauvais investissement par rapport à mon usage souhaité.

Vélo Substance Sora 2018 et remorque Thule Cab 2 2019

Le temps de passer la commande et de la recevoir, la première semaine de classe était passée et j'avais effectué les trajets en voiture. Le temps de ronger mon frein et de me dire que vraiment j'avais hâte qu'on prenne le vélo.

Depuis ce jour-là j'ai fait en sorte de prendre le vélo à chaque fois pour apporter mon fils à l'école. Parfois il m'est même arrivé d'aller le chercher mais c'est plus rare. J'ai pris l'initiative de noter les jours où je prends le vélo, et si ce n'est pas le cas d'en noter la raison histoire d'avoir une vision globale et de pouvoir moi aussi combattre les préjugés du vélo utilisable uniquement par beau temps.

Voici donc une infographie faite à la main de la première vague de trajets (matins seulement) depuis la réception de la remorque jusqu'aux premières vacances.

Infographie usage vélo-école les matins depuis la rentrée aux vacances de la Toussaint 2019

Descriptif textuel :

  • 27 matins vers l'école
  • 19 voyages fait à vélo
  • 3 voyages en voiture car remorque bloquée dans le garage suite à des travaux d'aménagement de voirie à la maison
  • 3 voyages en voiture pour raison de rendez-vous juste après la dépose (médecin, administration, …) et où je ne pouvais utiliser le vélo pour m'y rendre
  • 2 voyages fait par une grand-mère car nous étions à la maternité pour mettre au monde le petit frère ;)

Sur cette première vague nous n'avons donc jamais pris la voiture pour des raisons de météo. À voir sur la prochaine.

D'un point de vue du temps de parcours ma progression est assez étonnante et je ne sais pas aujourd'hui si j'arrive à des limites. Le premier trajet que j'ai enregistré avec un petit compteur GPS me donne 24 min 35 secondes. Mon record date d'hier avec 18 min 13 secondes. Je sens que je progresse physiquement et c'est plaisant. Alors que je réfléchissais sérieusement à changer la cassette du vélo pour avoir des développements plus courts, je n'y pense plus du tout.

Pas aussi plaisant que la satisfaction de prendre le vélo le matin et de rouler avec mon fils. De pouvoir discuter (ou rester plus calme si il le souhaite), d'observer le paysage, etc. Un matin j'ai pris ça en pleine figure. Je me voyais sourire (peut-être naïvement) et j'ai alors vu les gens que je croisais seuls dans leurs voitures. Tristes. Mon expérience personnelle me fait dire que le vélo rend bien plus joyeux que la voiture.

Sur certains matins assez rares, j'ai aussi été plus rapide en vélo que les voitures à cause des bouchons.

On me pose aussi la question de la dangerosité. Je réponds que je fais attention comme je peux mais que je ne peux pas pédaler et être au volant de toutes les voitures que l'on croise. Que je prends ma place sur la route, que nous sommes très visibles, et que je ne donnerais pas "toute la route" à la voiture car je pense que le danger en est augmenté. J'ai réalisé récemment que mon envie de faire ces trajets à vélo comportait une dimension politique. Je commence à revendiquer la route comme étant à tous, et pas réservés qu'aux voitures. J'espère aussi montrer que si un papa de bientôt 40 ans peut faire 12 km chaque matin pour déposer son fils à l'école (avec un vélo sans assistance), alors d'autres pourraient aussi songer à limiter l'usage qu'ils font de la voiture.

Rendez-vous pour l'infographie de la prochaine vague de trajets vers Noël.